11 artistes pour Gainsbourg

Exposition du 03/04/2015 au 12/05/2015

« Dès que je peux, je flâne dans les rues du Carré Rive Gauche qui héberge la galerie HEGOA et bien sûr, je ne manque pas de passer rue de Verneuil, devant la maison de Gainsbourg.

J’aime lire les marques d’affection, les dessins et autres graffitis que les fans adressent à leur idole disparue. Je m’évade un moment, bercée par la musique et les mots de cet artiste qui savait si bien allier la sensibilité à la sensualité. Je suis heureuse de rassembler à quelques pas de sa demeure surréaliste les photographies qui illustrent la complexité de Serge Gainsbourg, entre poésie et provocation. Il avait un talent fou, au sens propre du terme, il se permettait toutes les excentricités avec une élégance de gentleman.

J’ai tenté de restituer à travers l’exposition la force et la fragilité de ce personnage qui reste toujours une source d’inspiration. Il aurait eu 87 ans le jour du vernissage, le 2 avril 2015. Je remercie tous les artistes qui m’ont fait confiance en se lançant avec bienveillance et humilité dans cette aventure en hommage à Gainsbourg.

A mon tour de rendre hommage à leur talent de photographe. »

Nathalie Atlan Landaburu


CLAUDE AZOULAY – Photographe

Claude Azoulay

Après avoir quitté le lycée, Claude Azoulay commence son chemin de photographe. Assistant de Willy Rizzon pendant quelques mois en 1954, il continuera tout seul à nourrir sa passion de ses rencontres. Grand portraitiste de notre temps, il a immortalisé les visages les plus connus du milieu mondain et politique. La plupart de sa carrière est liée à Paris Match, où il travaille jusqu’en 1996. Le sujet au centre de sa photographie a toujours été l’homme :

« Bonheurs, amours, joies, fêtes, guerres catastrophes naturelles, rien de ce qui concerne l’homme ne m’est étranger.»

Donner la liste de ses « moments » de stars, c’est ouvrir une encyclopédie du cinéma. Serge Gainsbourg devait en faire partie. Le regard de Claude Azoulay est celui d’un témoin qui, pour un instant, participe à la vie de la famille qu’il immortalise. Il se laisse charmer par ces figures et il en reproduit l’intimité.

« J’ai passé une après-midi très sympathique en famille avec Serge Gainsbourg, Jane Birkin et les enfants. Nous avons pris l’apéro dans la cuisine et je n’ai pas chanté.»
C. Azoulay


JEAN-JACQUES BERNIER – Photographe

Jean-Jacques Bernier

Après avoir effectué ses premiers clichés comme portraitiste, Jean-Jacques Bernier se dirige très vite vers le photojournalisme en intégrant le staff de l’agence GAMMA. Après l’actualité, le magazine people et le cinéma comme photographe de plateau, il réalisera les portraits de plusieurs personnages du spectacle.

Il s’oriente ensuite vers la photo publicitaire et les marques. Actuellement, sa passion de l’image, toujours intense, le fait errer entre villes, studios et expos pour fixer des images toujours surprenantes.

Paris le 10 juillet 1985, Studios Pin-Up, Serge Gainsbourg brandit le drapeau Bleu-Blanc- Rouge encore et encore, droit et fier comme un étendard. L’image «Aux armes et cætera» est née. « C’était sa période « Gainsbarre ». Nous deux, pas de maquilleuse, lumière crue,j’ai rencontré « Gainsbourg ».

Passionné par l’image tout comme moi, nous avons partagé cette séance avec le même enthousiasme. A la fin, très pro, il brandissait encore et encore le tricolore, à la recherche de la perfection. Très sensible, il « sentait » l’image, son image ».
J.J Bernier


JEAN-CLAUDE DEUTSCH – Photographe

Jean-Claude Deutsch

Jean-Claude Deutsch a travaillé pendant 40 ans comme photographe à Paris Match. Il n’a jamais ressenti son métier comme un travail, mais comme une passion. Ses nombreuses parutions et couvertures ont été publiées dans différents magazines tels que : Life magazine, Bunte, Stern, Women’s wear, Epoca. Bien qu’il ait acquis sa réputation grâce à la confiance des « people » qui ont accepté de se révéler dans leur intimité, il a su aussi recréer et transmettre l’authenticité des reportages des conflits qu’il a couverts.

Le rapport de confiance que Jean-Claude Deutsch instaure avec les célébrités qu’il immortalise, pousse ces personnages à lui montrer leurs cotés les plus personnels. « Dès mon arrivée chez lui, rue de Verneuil, Serge Gainsbourg m’a proposé un double Pastis !!! J’ai compris dès le premier regard qu’il était prêt à se dévoiler au travers de mon objectif et la complicité qui s’est installée m’a permis de révéler son personnage de la manière la plus authentique. »

J.C Deutsch


ALAIN DODELER – Photographe

Alain Dodeler

« Eclusier pour gagner ma vie et photographe pour la vivre pleinement ».

Après un stage chez Pierre-Jean Amar et un autre à Arles, enrichit par la rencontre de Willy Ronis, Alain Dodeler se consacre à la photo.

Attiré par le social et l’humain, un petit deal avec le théâtre de Thionville lui permettait de découvrir les spectacles et la photo de spectacle. Depuis 1978 son œil aura regardé le monde bien vivant de la vie réelle et le plus factice des scènes de musique, de danse ou de théâtre.

« Je n’ai jamais rencontré Gainsbourg, j’ai eu la chance de pouvoir le photographier lors de son concert de novembre 1985 à Metz et je l’ai croisé en 1987 dans la salle de presse du festival de Bourges. Par contre, sa musique m’accompagne depuis toujours, de la radio chez mes parents aux cassettes et disques par la suite. J’avais été faire des photos devant sa maison quelques jours après son décès et j’avais bien apprécié le « no smoking » sur sa porte d’entrée… »

A. Dodeler


MICHEL GINIES – Photographe

Michel Giniès

Après ses études, Michel Giniès s’initie au laboratoire noir et blanc aux Reporters Associés. Il débute comme photographe à l’agence Sipa en 1972.

Il couvre plusieurs sujets, faits divers, politique, spectacle, mais c’est dans les portraits de célébrités qu’il se spécialise rapidement : acteurs, réalisateurs, chanteurs et écrivains. Il réalise plusieurs voyages de travail et ses photos sont publiées dans Life, Paris Match, Time, Stern, Figaro magazine, etc. Il expose en France et à l’étranger, à Art Paris, Paris Photo et au Centre Pompidou à Metz. Il a publié plusieurs livres sur les célébrités du cinéma.

« Mon admiration pour Serge Gainsbourg m’a porté tout naturellement à vouloir le photographier dès que je le pouvais. Je courrais les soirées, les premières de films, les répétitions du Gala de l’Union ou les plateaux télé. Et bien entendu quand il était là, je faisais en sorte de rester le plus longtemps possible avec lui, pour le photographier le plus possible. Et j’ai saisi je pense, des moments vrais de sa vie. Il était lui même et pas en représentation. Ma discrétion d’alors m’a permis de montrer aujourd’hui l’homme derrière l’artiste … »

M. Giniès


WILLIAM KLEIN – Photographe

William Klein

Après 60 ans de glorieuse carrière, William Klein est à nos jours considéré comme un des photographes les plus influents du XXème siècle. Souvent cité, avec Robert Frank, comme père de la «street photography », il est principalement connu pour ses expériences dans le photojournalisme et la série de livres consacrée aux grandes villes du monde entier. Son approche ironique, unie à un usage fréquent du grand-angle et du téléobjectif, a révolutionné le genre de la photographie de mode.

William Klein fait la connaissance de Gainsbourg en 1967 sur le tournage de Mister Freedom.

En 1984 Gainsbourg lui demande un portrait de lui en travesti pour la pochette de son album « Love on the beat ». Klein lui répond « Génial, on va faire une pouffe ! ». Mais Gainsbourg a une bien meilleure idée : « Ah non, je veux être très belle! ». 8 jours sans alcool, maquillage, cernes gommées et oreilles collées avec du scotch : Gainsbourg avait été transformé en diva de la Une de Vogue.

W. Klein


FREDERIQUE GUIN-LAURENT – Photographe

Frédérique Guin-Laurent.

Diplômée de l’Université de Paris VIII (cinéma), Frédérique vit et travaille à Paris depuis 1983. Originaire de Nantes, elle a grandi avec les vagues, les nuages et le ciel de tempête, entre la Loire et l’océan Atlantique. De son enfance, elle garde les yeux bleu-vert avec un regard aigu sur la nature et l’harmonie des contrastes.

Frédérique n’oublie jamais cette phrase de John Stuart Mill « La Photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard ». Elle puise son inspiration dans ces petits morceaux de vie cachés dans le quotidien. Frédérique définit ses photographies « humanistes, des témoignages simples de la vie ».

Fascinée par les ambiances cinématographiques de son père, elle a toujours fait de la photographie, même sans appareil photo, s’attachant autant aux sujets photographiés qu’aux lieux dans lesquels ils évoluaient.

Le concept de « prévoyance et hasard » sort de la photo prise de Serge Gainsbourg en 1989, avenue de Wagram : « Soirée 20 ans Fnac Etoile, j’enjambe le cordon qui délimitait un studio photo improvisé comme un boxeur qui entre sur le ring. Sous un épais nuage de fumée, il est apparu, se détachant sur un fond vermillon, sans l’ombre d’un doute… c’est lui, je shoote ».

F. Guin-Laurent


BRUNO MOURON & PASCAL ROSTAIN – Photographes

Bruno Mouron & Pascal Rostain

Dans un premier temps collègues à Paris Match, collaborateurs de nombreux quotidiens et magazines, Bruno Mouron et Pascal Rostain décident de fonder ensemble l’agence Sphinx.

En 2007, ils réalisent le projet « Trash », en « faisant les poubelles » des célébrités qu’ils photographiaient. Cette recherche sociologique se poursuit actuellement lors d’un projet plus vaste, «Global Trash », où les deux photographes s’attachent à révéler le bilan de la consommation industrielle ou non à partir des poubelles d’anonymes des pays riches et des pays en voie de développement.

Chez Régine, le 24 octobre 1980. Bruno Mouron, armé de son appareil photo, est à la recherche des stars pour un reportage commissionné par le journal L’Aurore. « Lors de la soirée du joaillier Cartier, Catherine Deneuve et Serge Gainsbourg semblent seuls au monde. Malgré les nombreux photographes flashant autour d’eux, leur séduction reste intacte. »

B. Mouron & P. Rostain


YANNICK RIBEAUT – Photographe

Yannick Ribeaut

Diplômé en Activité et Techniques de Communication, presse et édition d’entreprise, Yannick Ribeaut aime partager son temps entre son expression artistique et son rôle de professeur des arts de la photographie, de formateur multimédia. Il est membre de l’Agence de photographie Dalle et ses photos on été publiés dans plusieurs magazines tels que Le Monde et Télérama.

Photographie documentaire ou fine art, la nécessité de s’exprimer semble être sa nature, avec cette perception au-delà du visible, portée par sa nature résolument créative. Depuis 1994 il est régulièrement exposé en France et à l’étranger.

Neveu de Fulbert Ribeaut, le majordome et ami de Gainsbourg, Yannick nous présente des photos qui racontent le quotidien de Serge Gainsbourg dans son hôtel particulier de la rue de Verneuil.

Il associe à ses photographies les notes manuscrites que Serge avait laissées à l’intention de Fulbert : « Mon oncle conservait tous les mots que lui laissait Serge. J’avais envie de leurs rendre un hommage à tous les deux, ces hommes qui avaient compté chacun à leur façon. J’ai incrusté ces textes dans les photos pour les mettre en relation et ainsi créer un rapport textes/images, à tel point, qu’ils répondent les uns aux autres, tant au niveau du sens, que de la forme.»

Y. Ribeaut


PIERRE TERRASSON – Photographe

Pierre Terrasson

Diplômé en arts plastiques à l’École Nationale Supérieure des Beaux-arts, Pierre Terrasson photographie la scène rock nationale et internationale des années 1980. Auteur de nombreux reportages pour la presse rock et la grande presse (The Cure, Depeche Mode, Lour Reed…), il réalise aussi plusieurs pochettes de vinyle.

Depuis 2010, il fait de nombreuses expositions nationales et internationales et travaille avec l’édition. Durant les années 2000, il se rapproche plus de la musique raï et rap. Actuellement, il suit la nouvelle scène française en collaborant avec plusieurs artistes.

Pierre rencontre Gainsbourg en 1984 pour le magazine français BEST, pour lequel il réalise une série en noir et blanc avec le boitier Nikon F2 et son 24/mm 2.

« Sergio – comme il l’appelle – avait le même rue de Verneuil ». Il décide donc de le prendre en photo avec l’appareil. La complicité dans le regard de Serge montre la naissance d’un rapport d’amitié destiné à durer : « … puis nous nous sommes côtoyés régulièrement… Jusqu’au commissariat d »Aubervilliers où Catherine Deneuve, la jolie Marianne, a été bien éclairée à la demande de Serge; no comment ».

P. Terrasson